Pour reprendre les interviews de 2014 j’ai demandé la collaboration d’un youtubeur que vous avez peut-être déjà vu. Le bien nommé Sizefac !

Peux-tu te présenter, tes activités, l’origine de ton pseudo, ta boisson préférée?
Salut, c’est sf sur geekhard.fr !
Je suis un joueur “passif” de 34 ans. Passif dans le sens où je prends comme ça vient. Je pense avoir passé l’âge de me réjouir en avance de la sortie de tel ou tel jeu. Quand il y en a qui me fait envie, je me le prends. Par exemple, je me suis pris Mario Kart 8 deux jours avant sa sortie parce que je suis trop un rebelz dans ma tête mais à côté de ça, j’ai bien mis 2 ans avant de me mettre à Batman : Arkham Asylum. C’est au feeling. Mon “activité” consiste ensuite à faire une vidéo quand j’ai quelque chose à dire. Je ne peux humainement pas être à la page. J’ai toujours un train de retard avec l’actualité mais ça ne m’empêche en fait pas trop de dormir. Je ne cherche pas nécessairement à parler de jeux populaires mais plutôt de voir ce que je peux faire avec un support donné. Ca joue bien évidemment contre moi puisque généralement je parle de jeux dont la majorité des gens n’a (plus) rien à cirer. Mais ce n’est pas grave. Mes spectateurs les plus assidus savent de toute façon comment je fonctionne et que si j’ai envie de parler d’une console qui n’existe pas, de placer un cours de microéconomie ou carrément d’y aller en alexandrins dans une vidéo, il est à craindre que je le ferai.

L’origine de mon pseudo est toute bête. A une époque très éloignée, nous découvrions les joies du net durant les cours d’informatique. Un exercice consistait à se créer une adresse mail bidon forcément avec un identifiant bidon. J’étais en doublon avec une fille qui s’appelait Céline. Pour le pseudo, nous avons pris les deux premières lettres de chaque prénom. SImon + CEline = SICE. Nous étions à la fac donc on a ajouté “fac” derrière. Mais “sice”, ça ne faisait pas assez con à mes yeux alors j’ai viré le “c” sans autre forme de procès pour mettre un “z” à la place. Je sais, c’est moche ! Et quand j’ai soif, une Kro, il n’y a que ça de vrai. La seule question est “met oder ohne” ? (Comprenne qui pourra !)

(HS: je tient à dire que moi, nucl3arsnake, ne comprend “met oder ohne”)

Comment et pourquoi tu as commencé a faire tes vidéos?
J’ai commencé à faire des vidéos parce qu’un imbécile avait commencé avant moi. Rien d’anormal jusque là ! Seulement le gugusse dont il me serait bien impossible de retrouver le pseudo aujourd’hui avait vanté sur Youtube les mérites d’un jeu que, pour une raison qui m’échappe encore, je me suis empressé d’acheter ensuite. Il s’agissait d’un jeu de flipper sur Nintendo DS. Oui, je sais ! Déjà là, j’aurai du m’en douter. Mais bon, là n’est pas la question ! Après coup et une fois la déception digérée (le jeu n’a rien d’exceptionnel), j’ai réalisé que le “youtuber” (je déteste cette appellation) n’avait en fait passé le plus clair de la vidéo qu’à filmer sa tronche sans réellement montrer le jeu ou développer ce qui était bien ou pas bien. En gros, j’avais été aveuglé par mon envie peut-être inconsciemment déjà bien ancrée d’acheter un jeu et par une vidéo absolument déplorable pour en vanter les mérites en oubliant de citer les points qui n’allaient pas. A ce moment, je me suis senti obligé de partager mon point de vue sur le jeu. C’était basique : Une caméra, un trépied, 5 minutes de gameplay, 15 lignes de texte et zou, c’est envoyé. A ce moment, je ne mettais pas mes vidéos sur Youtube. Elles étaient partagées dans un cercle fermé. Ce n’est que bien plus tard (essentiellement pour une raison de place) que j’ai migré sur Youtube.

Tu sélectionne les jeux/thème en fonction de ton humeur ou juste pour les pourrir?
C’est l’humeur qui prime sur les jeux dont je vais parler. J’essaye de varier les supports histoire de ne pas toujours montrer la même chose. Je ne cherche pas nécessairement à casser les jeux. D’ailleurs je n’aime pas vraiment ça. Comme dit, ça ne m’amuse pas de dire du mal d’un jeu car il y aura toujours quelqu’un pour apprécier ce jeu. Le risque énorme est que cette personne se sente insultée. A de très rares exceptions, j’essaye de toujours bien peser le pour et le contre. C’est une formule qui a plutôt bien marché jusqu’à présent. J’appelle ça la technique des 3/3. Histoire de faire le tri et de me forcer à aller à l’essentiel, j’essaye de dégager 3 qualités et 3 défauts. Après, libre à chacun de contester mes choix. De toute façon, mes vidéos sont faites pour ça : Pour communiquer !

Pour développer le côté “pourrissage de jeu”, quand je démarre un jeu, je ne sais pas forcément s’il va me plaire ou non. J’essaye toujours de m’investir un minimum au moins histoire d’être sûr de ce que je dis. C’est rare mais ça arrive : On peut avoir un a priori négatif pour ensuite se mettre à apprécier un jeu. Quand je bazarde un jeu, c’est que j’ai passé du temps dessus et que ça m’embêtrait d’avoir investi ce temps si c’est pour ne pas en parler ensuite. Un bon exemple du jeu que j’ai vraiment poussé avant d’en être écœuré, c’est Lost Planet : Extreme Condition sur PlayStation 3. J’étais persuadé qu’il me plairait. J’ai essayé d’aller le plus loin possible avant de me rendre compte que je le détestais. Pas évident ensuite de rester objectif. Quand j’ai parlée de ce jeu, je n’ai d’ailleurs même pas essayé de l’être ! C’est une des exceptions.

Pourquoi Super Smash Bros Browl ?
Parce que je ne l’aime pas ! Je me souviens avoir payé plein pot ce jeu pour finalement réaliser qu’il ne correspondait pas à ce que j’attendais. Il faisait partie des intouchables du net, c’est à dire qu’apparemment, on n’avait pas le droit de ne pas l’aimer. Le feeling ne passait pas, je n’arrivais pas à le prendre en main, les parties en ligne étaient affreuses… Ca coinçait ! A chaque fois que j’essayais de dire pourquoi je ne l’aimais pas, je me prenais des charges. A un moment, j’avoue que j’en ai eu un peu marre et que je me suis amusé à lui en coller une à chaque vidéo que je mettais en ligne. La majorité se marrait en se demandant justement ce que j’allais bien pouvoir balancer sur le jeu tandis que certains montaient au créneau et me pourrissaient d’insultes. Ca les énervait tellement que, forcément, ça me donnait envie de continuer. En fait, ce qui me désolait, c’est qu’on ne m’autorise pas à ne pas aimer ce jeu “sans raison”. Et dès que je parlais de ce qui ne me convenait pas, ça y est, ça partait en sucette alors que certains ne comprenaient pas que c’était juste mon point de vue. Mon unique point de vue… Et aucunement une généralité !

Tu arrive à vivre de tes vidéos ou tu a un travail à côté, et si c’est le cas, lequel?
A mon niveau, on ne peut décemment pas vivre de l’activité du net. Je “gagne” des clopinettes. Si j’ai pris un partenariat, c’est pour me couvrir au niveau des droits d’auteur. Je ne sais pas du tout comment est réparti l’argent généré par la pub. Tout ce qui m’importe, c’est d’être dans les règles vis-à-vis des séquences et des extraits musicaux que j’utilise. C’est un passe-temps, rien de plus. Mon activité professionnelle est un secret jalousement gardé. Compte tenu de sa nature, je préfère que ça ne soit pas divulgué. D’ailleurs, j’en profite pour remercier toutes les personnes que j’ai été amené à rencontrer dans ce contexte. Elles ont (presque) toujours été très sympa avec moi.

sf-tefal

Enquête intrusive: cette image nous prouve que Sizefac est dans la branche R&D de Tefal !

Comment as-tu était contacté par LinksTheSun pour l’épisode spécial sur les jeux-vidéos?
Le hasard ! Je ne sais plus comment ça s’est fait. Je crois qu’un jour sa copine regardait une de mes vidéos. Il l’a appréciée et il l’a partagée ensuite (la vidéo, pas sa copine). Pas mal de spectateurs m’ont alors dit qu’ils venaient grâce à lui. A ma grande honte, je ne le connaissais pas du tout. J’en ai profité pour regarder ce qu’il faisait et pour lui envoyer un mail de remerciement. C’était la moindre des choses. Le contact est bien passé et il est venu avec cette idée de faire un Point Culture sur les jeux vidéo. Franchement, ça a été un projet de titan mais on s’est marré comme jamais pour mélanger les idées. Mon seul regret : Je n’étais pas très à l’aise à ce moment avec l’idée de passer sur sa chaîne et ça se sent méchamment parfois. Mais ça reste une bonne aventure.

Peux tu nous redéfinir l’Exemple de la Pomme que tu as inventé?
Ça part d’un gag idiot et complètement hors propos alors qu’en fait, ce n’est pas si bête que ça. Je cite l’exemple de la pomme en faisant allusion à l’évolution du niveau de difficulté dans les jeux vidéo. A une époque, on avait le jeu, la notice (et encore) et on se débrouillait comme ça. La plupart du temps, c’était suffisant pour qu’on s’éclate pendant des heures. Comme les jeux vidéo étaient nouveaux, on se passionnait pour eux et rester planter pendant des plombes sur un passage ne nous choquait pas plus que ça. Au fur et à mesure, les jeux se sont crus obligés d’assister le jouer. Il y a une carte, un radar, un point d’objectif, un message qui explique en permanence comme interagir avec l’environnement, des points de sauvegarde tous les 20 mètres… L’analogie avec la pomme est qu’avant, on la bouffait sans trop se poser de question. Ensuite est venue l’époque du progrès avec les machines qui coupent les pommes… Non mais franchement, parce que couper soi-même sa pomme, ça prend du temps alors autant économiser les 20 secondes nécessaires à la manœuvre avec un appareil qui le fait à ma place. Ok, pour quelqu’un qui mange 3 pommes par jour, à l’année, ça commence à chiffrer, mais quand même. Je généralise, j’extrémise même un peu mais l’idée est là. Mais j’assume ! Donc aujourd’hui, on peut avoir un jeu qui nous prend par la main pour nous amener jusqu’à la fin et on peut dans le même temps avoir une machine qui va gentiment nous éplucher notre pomme… Peut-être parce que certains estiment que nous sommes devenus trop demeurés pour faire ça nous-mêmes.

Un mot pour finir?
Le prochain qui me croise dans la rue et qui m’interpelle en me vouvoyant, sérieusement, je lui fous mon pied tellement profond dans le trou de balle que son haleine en puera le cirage. C’est bon, j’ai compris, je suis vieux. Merci les mecs !
Et, au cas où, j’ai trouvé récemment une machine qui enlève les noyaux de cerise à ma place. Indispensable !